Un jour quand je lui ai parlé du gars, j’ai sentis qu’elle savait que je mentais. Elle m’a regardé en souriant mais en ayant mal. Pas parce que j’étais amoureuse d’un autre mais parce que mon mensonge avait assez duré. J’ai regardé ailleurs, à travers la baie vitrée de la FAC. Je souhaitais tellement être ailleurs.
Je n’ai rien dit pendant un moment, et elle m’a pris dans ses bras. Elle n’a rien dit et moi j’étais crispée. J’avais peur qu’elle me face des choses. Je n’étais pas spécialement sûre de moi. Je me disais que ce n’était qu’une amie qui voulait de la sincérité… Mais d’un autre côté…
On est allé en cour et pendant quelques mois on en a pas reparlé. J’ai sans doute eut tors de ne pas le faire. Je me sens coupable à cause de ça. Je n’agis pas de façon qui me semble normale avec Ely et je m’en veux. Je devrais être plus cool être comme elle. Oui j’aimerais être comme elle.
Est-ce normal qu’une amie soit un modèle, un être que l’on voit comme son idéal ? J’aimerais avoir autant d’aisance, autant de passion et de conviction. Elle est si forte, si entière. C’est incroyable. Si j’étais comme ça je pourrais faire tellement de choses… Mais je reste enfermée dans un mur qui me bloque.
Je ne sais pas comment dire mais ce début d’année m’a parut différent. Comme si quelque chose avait changé imperceptiblement. Je me suis longtemps demandé ce que c’était. J’analysais tout le matin quand j’arrivais dans la FAC.
Le long couloir m’hypnotisait avec ses reflets d’hôpital. Ca m’a rappelé mon personnage d’Ambre. Je m’imaginais souvent détruire des zombies dans un hôpital à la recherche de ma fille. Mais je crois que désormais je peux lui dire adieux à ma fille. Elle n’existera pas je crois. Cette certitude me viens de plus en plus souvent avec des pensées assez étranges. Mais ça ne se fait pas de penser ça.
Je crois que c’est Prem et sa femme qui auront une petite poupoune comme ça. Je sens que je vais adorer les cocooner avec Ely. L’avenir me semble ensoleillé et radieux. Je nous imagine tous les quatre, avec leurs enfants (parce qu’ils vont nous en faire plusieurs, hein ? Y’a intérêt en tout cas !!), près d’un étang, sur la pelouse, à s’amuser comme des fous.
Les enfants courent vers Ely qui leur fais peur, puis moi je joue au foot avec leur p’tit gars… Je sais ça fait cliché, n’empêche que ça fait rêver. Les parents qui nous les confient pendant qu’ils passent un petit week-end en amoureux. Et Ely et moi on fait les baby-sitters. Et là sur le coup penser à ça me fait bizarre. Je sens que d’un côté il y a un truc qui cloche et je devrais plus penser à ça et d’un autre… ça ne va pas assez loin. Pourquoi ?
Voici à peu près le genre de pensées que j’ai depuis quelques temps. Avec Ely on fait des choses en tout bien tout honneur (chatouilles, essayages de lingerie) puis dans ma tête ça part bizarrement. C’est peut-être la cicatrice au cerveau. Ou pas. Pourquoi je pense tout et son contraire dans ma tête ? C’est quand même incroyable ça. Je ne sais plus où j’en suis.
Je voudrais être libre de ce que je pense, mais en même temps tout m’en empêche. Ce n’est pas normal. Mes parents n’apprécieraient pas, mes amis non plus. Mon Grand Frère… ? Après tout je lui en ai parlé et il semble… Heu… ouvert ? Mais alors pourquoi moi je ne le suis pas ? Pourquoi ne suis-je pas attiré par tous ces « Brandon », ces surfeurs californiens sans cervelle ?
Pourquoi est-ce que je préfère être près d’elle avoir des envies de la serrer dans mes bras ? Pourquoi je veux faire plus qu’être son amie mais que je ne lui dis rien quand elle m’avoue sa flamme à la St Valentin ? J’en ai été tétanisée. Je ne pouvais pas lui dire oui c’est une fille c’est mon amie si je lui dis que je l’aime c’est peut-être faux d’une part ça me conduirais je ne sais pas où d’autre part et enfin mon amitié avec elle sera brisée définitivement.
Mais je n’ai pas pu lui dire non…
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