Jeudi 11 juin 2009
Alors que mon esprit est censé être tout aux études, à l'organisation bancale des examens suites aux mouvements sociaux (que je suis loin de critiquer), aux rapports de stages et à tout ce qui s'y rapporte, alors que mes pensées vont vers ceux que j'aime, celle qui vit auprès de moi, mes parents, mes amis, je ne peux m'empêcher de divaguer... Errer... Et si je suis assurément ancrée dans une vie "réelle", finalement bien loin des rêveries et du virtuel, quelque chose en moi réclame une part d'imaginaire et d'improbable...

Finalement la question qui me revient sans cesse c'est "ai-je le droit de rêver" ? Fantasmer des situations réelles, passée, présente ou futur, sachant pertinemment qu'il n'en sera jamais ainsi, imaginer des alternatives à mes choix et les pousser plus loin qu'à une simple conséquence, illustrant les fameux scénario des "what if" qui furent popularisé par les comics et ce genre de fiction qu'est l'uchronie... Est-ce "bien" ? En soit, il n'y a rien de mal, et je dois dire même qu'heureusement que nous pouvons imaginer des choses, même lorsque nous sommes pleinement occupé par notre vie d'adulte, afin de s'évader un peu.

Pourtant la peur de s'évader de trop me prend. De ne pouvoir contrôler les divagations de mon esprits, et de m'enfermer dans un monde faux et improbable, certes amusant et prenant, mais à des milliers d'années lumières de ma véritable vie.

Ces questions sont peut-être le simple fruit du stress (organisation, examens, projets d'avenir, etc.), et ils n'auraient probablement soulevé aucune interrogation durable chez moi si, par "rêve" et "envie" je n'étais pas revenue à me rappeler de mon passée, et de ma façon que j'ai encore d'y référer... Et vue ma situation, je me demande si j'en ai le droit...

Ma vie est parfaite. Je suis passé par beaucoup de choix, d'épreuves, et désormais j'ai beaucoup de chose. Des gens qui m'ont accueillie quand bien même je ne suis pas leur fille - et malgré ce que nous nous disons tout le temps, une personne qui m'aime pleinement et des amis qui me soutiennent. En soit, je n'ai pas à rêvasser sur mon présent puisqu'il est très bien comme ça...




Mon passé, en revanche, c'était autre chose. Depuis bien des mois je ne m'y réfère plus trop. Ni le temps, ni l'envie, ni même le besoin. Même ma "création", mon "autre moi", celle que j'ai fantasmée et sublimée pour me protéger, m'évader et même me défouler, je l'ai un peu mise de côté après lui avoir offert un repos bien mérité (imaginaire certes, mais important pour m'en détacher un peu). Je suis passée de l'état d'adolescente rêveuse, qui avait besoin de ça, à une adulte pouvant faire sans.

Mais bien avant cette Natasha d'Ambre, et inclus dans le background de celui-ci, prend racine un autre rêve, une autre version fantasmée de personne ayant bel et bien existé. Peut-être pas vivante, je n'en sais rien, mais qui ont eut une vie réelle à un moment ou à un autre, au tout début. Au tout début pour moi en tout cas. Ceux qui me connaisse savent très bien à qui je fais allusion et, malgré ceux qui ont prit ce rôle, la difficulté que j'ai encore à aborder le thème.

Non pas par peur ou autre, mais simplement parce que je ne sais rien et que, du coup, je ne sais pas du tout quelle image m'en faire. Négative ? Elle l'a été une très grande partie de ma vie, durant toute mon adolescence, ma souffrance nourrissant une rancoeur dont j'ignore si elle a lieux d'être. Positive ? Durant toute ma petite enfance, je n'ai cessée de prier pour que ça arrive, qu'ils surgissent, avec ou sans explication, je m'en foutais un peu. Une vision grise ? Je pense que ça reviendrais à de l'indifférence, ou bien la balance pencherais plus d'un côté ou de l'autre malgré moi.




Comme le montrent si bien Alan Moore et Dave Gibbons via le personnage de Rorschach, dans Watchmen, on peut très bien avoir une vision des choses en noir et blanc, via tout une variante de forme et de taille, sans que jamais elles ne se mélangent en gris...

Si je suis particulièrement dans le doute en ce moment même, ce que je n'ai pas repensé à mes parents depuis l'envole de Natasha d'Ambre. Avant sa création, mes parents étaient des dieux a qui je donnais une excuse. Après, j'étais dans une période où les maudissaient. Entre temps, mes rêves sont devenus la source donnant naissance à ma "moi" fictive... Et si j'ignorais tout de mes véritables parents, les "créer" à travers une histoire étaient peut-être, à l'époque, une façon pour moi de me les réappropriés. En fait, je comprend maintenant a quel point ils étaient tout autant mystérieux dans mes rêves que dans la vraie vie...

Ma mère. Tout a commencé par elle, peut-être parce que je suis une fille, que je suis sensible à cette relation, ou parce que je voulais raconter l'histoire d'une femme très belle et très brave, allez savoir... Je ne connais pas son nom, je ne saurais pas la nommer, et lâchement, "par hommage" comme je le pensais autrefois, je lui ais donné un prénom qui était très cher pour moi et pour mon meilleur ami de l'époque. "Rebecca". Le prénom de celle qui fut ma meilleure amie, et grâce à qui je possède des parents aujourd'hui.

Et probablement parce que je lui ai emprunté ce prénom, avec l'idée de lui donner ce caractère de femme forte et gentille envers moi, j'ai été incapable d'écrire quoique ce soit sur elle. "Rebecca", la mère de Natasha d'Ambre, n'existe même pas. L'histoire débute au cimetière, devant sa tombe. Ma "moi" de l'histoire ne la connait pas non plus et ne sais rien d'elle si ce n'est ce prénom, mais j'avais l'impression qu'il fallait que je lui donne une mère douce et intouchable. Intouchable au point que moi-même, à l'écriture, je ne pouvais la dompter...

Le père, en revanche, c'est autre chose. J'avais en tête un vrai papa, celui qui est là pour les cauchemars, avec sa voix douce mais une carrure de géant. Un papa avec un peu de barbe et des traits marqués, un peu manuel mais pas insensible ou stupide... Je n'ai jamais eu d'images, jamais de vrai vision, juste une "sensation", un peu comme on pourrait avoir en étant gosse en se serrant contre lui et en fermant les yeux.




En adaptant mon autre moi à l'oeuvre de Zelazny, je pensais peut-être faire une erreur en utilisant un de ces personnages comme base pour cette représentation. Parce que là, mon "père" ne serait qu'un personnage pré-existant et forcément différent de l'idée que je m'en ferais. Mais non. Chaque lecteur se fait une idée bien précise d'Oberon, parfois cruel, parfois juste, trop mystérieux. Sa première mort est très suspecte (à raison) dans la série, et la deuxième l'est encore plus du fait qu'on ne retrouve aucun corps et qu'on refuse d'expliquer clairement les raisons de son "décès". Zelazny ayant décédé avant de continuer son cycle, nul doute qu'il aurait fait rejaillir ce personnage à un moment où à un autre.

Oberon, malgré son prénom qui ne m'inspire rien, était donc parfait. Il représente une figure paternel "ultime", décrite différement par chacun de ses enfants dans les livres, et par chaque lecteur. Il est très mystérieux et montre différente facette a chaque apparition, permettant de l'utiliser comme simple figure modifiable selon les envies. A partir de là, j'ai construit ce père que j'ai donné à Natasha, finalement très temporairement puisque n'étant là que pour l'élever en tant qu'Ambrienne, après quoi il disparaissait.

Et finalement, Natasha est devenue Natasha d'Ambre, débarassée de parents et de toute entrave puisque devenant une déesse. Les deux personnages sont alors restés en retrait avant de carrément passer à la trappe après mon entrée dans un forum qui dura une grande partie de mon adolescence : Ambreworld. Là, les origines furent modifié façon retcon de comics et la parentée de Natasha fut tout autre. Il m'a fallu du temps pour digérer la chose, l'accepter, et finalement ne plus y penser, l'incorporant sans trop de problème.

Des années plus tard, Ambreworld s'éteignant et, encore plus tard, les relations forgées se dégradant suite à diverses histoires, j'entrais dans un âge différent où l'adulte prend place face à la réalité et laisse tomber ses rêveries de jeune.

Plus jamais Rebecca et Oberon, les parents de Natasha d'Ambre, et finalement l'incarnation ultime de ce que j'imagine de mes véritables parents, n'est revenu me hanter. D'autant plus que maintenant, je suis adoptée, et que je n'ai pas besoin d'eux. Et pourtant...




Je ne peux stopper les rêves, les envies d'aventures, de raconter des histoires et de créer des personnages. C'est moins fort qu'autrefois mais c'est toujours là, et c'est ce qui m'a permis d'aider à créer Alice Cooper, une petite sorcière issue d'influence diverses à inventé à plusieurs. Un personnage avec une famille définie, des amis, libérée de toute influence tout en en possédant de nombreuses en guise de clin d'oeil, et me permettant de clôturer quelques parts ma moi virtuelle et de prendre mes distances avec la fiction et la réalité...

Jusqu'ici tout va bien, Alice fait son petit bonhomme de chemin et j'observe ça avec plaisir et amusement, me mettant au travail dès que le temps me le permet. Mais récemment, en partant en trip sur un des plus grands arguments de la Science-Fiction, le voyage temporel, quelque chose s'est déclenché en moi. Malgré moi, je me suis posé cette question : "Qu'est-ce que je ferais si je pouvais voyager à travers le temps et l'espace, entre les dimensions ?"




Vous vous doutez tous de la réponse que je me suis donnée. Retrouver mes vrais parents, ne serait-ce que pour voir leur visages, entendre leur voir et savoir quel est cette PUTAIN DE RAISON qui les as poussé à m'abandonner étant bébé, qu'elle soit bonne ou pas, noire, blanche ou grise...

Je n'en ai pas fait une histoire avec Natasha, pas plus que je me suis prise la tête à dresser ainsi un portrait réaliste de mes parents en apportant une explication cohérente à leur décision. A la place de ça, quelque chose s'est progressivement mit en place. Alice Cooper est très lie au personnage de Premutos et de Nathalie, et Eliane n'ayant avant cela jamais participé à ce genre de création, ne restait qu'à savoir quel parallèle émettre entre cette sorcière et ma moi fictive, puisqu'elle existe dans le même univers imaginaire.

Je n'y avais jamais pensé plus que ça, émettant éventuellement l'idée d'une rencontre via un quelconque scénario, laquelle donnerait naissance à une amitié probable ou à une certaine indifférence malgré un lien extérieur solide entre elles. Je n'arrivais pas à voir Alice et Natasha d'Ambre être amie, tout simplement.

Et soudain le déclic. Natasha est la moi d'une époque, torturée, violente, mais en quête de d'amour et de paix. Et elle l'a obtenue. Alice, elle, est un personnage fun, à caractère bien trempée, et totalement délirante. L'idée que je me ferais d'une très bonne amie, mais aussi... L'idée que je pourrais me faire de ma mère, étant jeune. Une personnalité qui me ressemble malgré quelques différence, que j'admire et respecte.

Et a cette impression subite, un beau jour, mêlée à cette idée de voyage dans le temps, ça n'a pas prit bien longtemps. J'ai replongée dans mon passée à moi, l'image que je me faisais de mes parents, et bien que je les avaient oublié depuis longtemps, Rebecca et Oberon sont revenus... Que faire ? Ils étaient presque devenus des étrangers pour moi depuis tout ce temps, après Ambreworld...

Et pourtant, une histoire s'est mise en place. Alice, après beaucoup d'épreuves (narrées dans son blog), voyageant dans le temps et arrivant sur Terre à une époque où personne ne la connait. Changeant son identité et se faisant appeler "Rebecca", en hommage à sa soeur jumelle (Rebekkah) pour éviter un quelconque paradoxe temporelle. J'ai imaginé sa rencontre avec un homme qui lui est semblable, Oberon, lui aussi changeant son nom pour éviter d'être retrouvé / reconnu. Allant sur Terre incognito en voyageur errant, et se faisant passer pour un homme simple.

La sorcières des dimensions et le Roi d'Ambre. Un couple bien assorti, non ? Chacun fuyant son véritable monde, se faisant passer pour un simple humain, et se retrouvant malgré tout, jouant presque au même jeu d'identité que Bruce Wayne / Batman et Selina Kyle / Catwoman dans le Batman Returns de Tim Burton. Chacun comprenant qu'un secret existe chez l'autre, quelque chose qu'ils ont en communs, mais sans jamais oser le découvrir...

Incapable de me contrôler, je n'ai pas pu "m'empêcher de rêver". Pour Alice, tout était déjà tracé. Son physique, son comportement, son histoire. J'imaginais la "mère du futur", à la Sarah Connor, sachant pertinemment qu'elle lutte contre un apocalypse inévitable. Pas celui de la fin du monde, mais celui de sa séparation avec son enfant qu'elle sait imminent et qu'elle ne peut éviter, risquant un paradoxe temporel et le changement de tout. Quelqu'un à la fois submergé par le bonheur de rencontrer un homme qui l'aime, l'attente d'un enfant, et la peur incroyable de savoir a quelle date exactement elle va devoir se séparer de tout ça et donc de créer le malheure de sa fille et de son époux...




Pour Oberon, les choses ont évoluer. Avez-vous remarquer que beaucoup de monde s'imagine Oberon comme ressemblant à Sean Connery, avec sa barbe blanche et son maniérisme incomparable ? Moi-même j'y avais souvent pensée. Pourtant ce n'est pas vraiment l'idée que je me fais de mon père, même si ça ne serait pas désagréable ! Par contre, un autre homme fictif m'a beaucoup interpelé et marqué. Un homme qui prend aussi son inspiration de Sean Connery.




Big Boss, alias "John" ou peut-être "Jack". Le choc consécutif de Metal Gear Solid 3 et 4, narrant respectivement la naissance et la fin de Big Boss, m'a révélé une personnalité certes virtuelle mais très impressionnante et marquante, bien plus que beaucoup de héros de littérature ou de cinéma. Après tout ce n'est pas une honte : tout le monde à son héros, en tout cas sa figure qui a compté ou qui l'a marqué. Même les vieux, via la littérature classique, vous citeront leurs modèles.






Pour moi, Big Boss, avec ce visage marqué, la voix cassé de David Hayter, son histoire tragique et son physique à la fois dur et doux, bien plus virile que tout ces "vrais" mecs à la mode métrosexuel que l'on voit partout de nos jours, m'a fait une très grande impression. Oberon et Big Boss partagent de nombreux points communs, que ce soit par le physique, le caractère ou encore l'histoire. A tel point que les deux personnages ont presque "fusionné" pour me donner une figure paternelle particulière.




Oberon, se faisant appeler "John", tout comme Big Boss le dit au jeune Ocelot à la fin de MGS3. Un homme de guerre, increvable, mais quelque part brisé, sensible, et avant tout aimant. Il n'en fallait pas plus. Avec le physique du jeune Big Boss en tête pour simuler un jeune "Sean Connery - Oberon - Big Boss", j'avais l'image d'un couple touchant, adorable, humains, crédible et...

... Et que je crève d'envie de savoir qu'il existe et qu'il est celui de mes parents. Bien sûr, je suis une adulte, je sais ce qu'il en est de la réalité et je ne fantasme pas sur une illusion. Mes vrais parents ne furent jamais ainsi, et mes parents adoptives sont les meilleurs parents du monde et je les aimes. Et j'ai honte, et peur, a chaque fois que j'imagine ce coupe de Alice - Rebecca / Oberon - John. Parce que je ne veux pas "remplacer" mes parents adoptifs par des illusions. Que je suis consciente de la différence entre réel et imaginaire mais...




J'ai envie d'écrire cette histoire. Elle est toute planifiée. Rebecca, John, la naissance de Natasha d'Ambre, Alice fuyant avec remord et observant la vie de sa fille au loin, avec sa machine à voyager dans le temps, se faisant passer pour morte. Son retour dans le temps présent, ses retrouvailles avec un très vieux Oberon, dans une scène qui m'a été inspirée par le magnifique épilogue Naked Son de MGS4, puis la prise de conscience de cette mère qui n'est pas une mère, et son désir de renouer avec l'enfant qui est le sien.

Ca ne s'arrête pas là. Les retrouvailles sont dur. Vous imaginez, vous, si quelqu'un de votre âge et pour qui vous avez un profond respect et une grande amitié se révèle être votre mère, l'effet que ça vous fais ? Pas facile a accepter...




J'aime la science-fiction et j'aime les émotions fortes et complexes dans les histoires. Ici, j'ai de quoi faire, de quoi écrire, et de quoi rêver une très grande et très belle histoire.

Et pourtant je m'interroge. Je me dis, "c'est qu'une histoire", et j'ai l'impression de salir mes parents adoptifs. En même temps, avec cette peur que j'ai, je me rend compte alors que "ça y est ! Tu mélanges fiction et réalité, et tu as peur de vexer des êtres VERITABLES en t'imaginant des trucs VIRTUELS !"

Alors je commence à écrire. Natasha et Alice qui se retrouve, un tout petit début. Renouer avec Natasha d'Ambre, ça fais du bien aussi, c'est comme de se retrouver soit-même. Parce que la petite chose qui me servait de défouloir à évoluer tout autant que moi, à la fois grâce à ma vie d'adulte, à la fois par ce bond en avant dans son histoire.

J'ai envie d'y rêver à cette histoire. J'adore cette conversation fantasmée, entre Oberon et Alice, dans le cimetière, s'aimant encore malgré ce qui s'est passé et pensant cependant avoir commis l'irréparable face à leur fille, ne sachant plus s'ils doivent la laisser, ou la retrouver.

J'ai envie parce qu'au fond de moi, je sais que si mes parents étaient ainsi, je les accepteraient, et je leur pardonnerais. J'ai rien à envier à ces créations, mes parents adoptifs sont parfait, et mon passée est derrière moi tandis que mon présent me convient très bien. Je ne fais de mal à personne je crois.

J'en parle pas beaucoup parce que j'ai plus grand chose à en dire de mes parents. Je les détestent plus mais je sais qu'ils sont pas des dieux et qu'ils ne reviendront jamais. Mais l'essence de ces personnes, cette petite chose qui m'a fait tenir toute ma vie avant que d'autres personnes ne prennent le relais, c'est important, et je crois que d'en rêver, c'est la seule façon que j'ai de l'entretenir et de pas l'oublier.

Alors, est-ce que j'ai le droit de rêver ?

Je crois que c'est important...



"Rebecca & John"

Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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Mercredi 4 mars 2009
Je fais un peu de pub au passage pour déclarer que ça y est, une première version de la workprint du Dr. Poulet est disponible sur Youtube ! Depuis le temps, ça paraît surréaliste...

Donc pour reprendre les termes de son créateur, il s'agit d'une copie de travail à laquelle il manque beaucoup de scène (y a pas l'intro, y a pas la fin et il manque beaucoup du milieu !), plusieurs effets (il manque certaines musiques, d'autres doivent être amélioré, des bruitages doivent être rajoutés, etc.) et il y a des cartons "scènes manquantes" par-ci par-là pour bien rappeler que des choses sont susceptible de changer légèrement par la suite.

En attendant je trouve qu'il y a de belles choses dans tout ce foutoir et qu'une partie de l'intrigue est même compréhensible (pour peu qu'on connaisse le résumé)... Donc en attendant une deuxième version plus amélioré (avec plus de scènes pour combler les trous), je prend !

Pour des raisons de place, la vidéo a été fractionnée, je vous mets donc ici les quatres parties...










Par Natasha - Publié dans : Dr. Poulet
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Mercredi 25 février 2009

      Désolée pour le temps d’attente ! ^^’ Je ferais mieux la prochaine fois ! Ely m’accapare un peu tout le temps ! é_è … Bon et j’ai aussi la flemme faut dire. Je continue dans mes réflexions qui datent déjà d’il y a un an et j’y ajoute ce que je pense actuellement avec ce que j’ai acquis comme expérience.





      Je ne peux m’empêcher d’avoir remarqué certaines choses chez Kiara. En recherchant sur le net des endroits où elle était, pour voir si elle ne préparait pas un coup contre grand frère Renan et les autres, j’ai remarqué quelques similitudes. On aurait dit qu’elle m’avait pris mon pseudo, ou une phrase que j’avais retravaillé à partir d’une nouvelle sur FF VII.

      C’est effrayant avec le recul. J’ai remarqué qu’en fait Kiara avait fini par être comme la gouroute d’une secte. En fait il lui a suffit qu’elle entraîne grand frère dans quelque chose qu’il n’aurait peut-être pas fait du tout s’il n’avait pas connu Kiara. Le dessin impressionne ceux qui n’en font pas. C’est quelque chose d’inexplicable. Ca attire tout de suite.

       Il a suffit qu’elle lui « montre la voie » vers le dessin. Grâce à cela il lui suffisait en étant sa petite amie de créer un forum. Je n’ai pas vu ça au départ. Je suis entrée de moi-même dans un forum qui correspondait à un jeu de rôle que j’aimais bien. J’ai tout de suite accroché. Il ne ressemblait à aucun autre. Il était facile à comprendre mais surtout très beau avec les jolis dessins.

       Moi qui déprimais un peu j’ai passé tout mon temps sur mon petit ordi que je m’étais payé à la sueur de mon front. J’ai osé parlé aux grands administrateurs, et j’ai eut un merveilleux cadeau de la part de Renan. Il m’a d’abord offert son amitié. J’étais tellement solitaire que ça m’a fait bizarre. J’ai juste parlé avec lui et c’était apaisant. Puis il est devenu mon grand frère et là je n’ai pas su tout de suite quoi dire ou quoi faire. C’était merveilleux. Moi qui n’étais pas très sociable, j’ai reçu bien plus que de l’amitié.

      Ce n’est que maintenant que je comprends que j’aurais dû sans doute faire quelque chose, car Kiara le manipulait. Pire encore cette personne a utilisé mon grand frère à des fins personnelles aussi bien pour se faire une cours sur le forum que pour avoir de l’argent. D’ailleurs je trouve très réussis la métaphore que Renan dessine en ce moment dans Mercenaire. Sauf que d’après ce que j’ai compris il ne pouvait même pas l’approcher.



      C’est pour ça que je m’en veut d’avoir peur de le voir. Quand je pense à ça, j’ai envie de lui faire des câlins. Il n’a pas pu avoir la tendresse auquel il avait le droit. C’était sans doute frustrant d’être platonique avec une fille avec qui on a vécu aussi longtemps. Quand j’y pense je trouve que c’est triste et dommage. Je connais l’amour avec Ely et aussi le sexe. Je comprend maintenant que c’est une chose importante pour le bien-être intellectuel. Je crois que je n’aurais pas pu vivre 6 années avec la même personne sans pouvoir la toucher une seule fois. Et même si c’est un peu trop le contraire parfois avec Ely je suis vraiment désolée pour mon grand frère et de ce qu’il a dû vivre.

      Pardon grand frère… T__T

      Pour comprendre tout ça j’ai fais des recherches presque obsessionnellement pour moi et en cachette. Tout ce que j’ai compris, c’est qu’Ely a raison : les principaux coupables sont partis ou on les a fui, mais ils ne s’excuseront jamais. Je suis passée à cette époque par une sale période. Je n’ai pas voulu qu’Ely voit que j’avais recommencé à me scarifier…


(Pour une raison de droits j'ai préféré ne pas mettre d'images de mon grand frère même si elles auraient été plus justes.)



Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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Dimanche 15 février 2009
Oui je sais, certains s'attendait à ce que je revienne ici afin de parler de la Saint Valentin mais la fête des amoureux, ça demeure quelque peu privé voyez-vous... Surtout quand on passe la journée euh... A... Hmm, allez au resto ou au cinéma dirons-nous (et d'ailleur qui pourrait croire qu'un Vendredi 13 c'est si romantique ? Encore plus s'il avait été moins naze mais bon...)

Bref, alors que ma belle prolonge notre Saint Valentin le temps du week-end grâce à une imagination débordante, je profite de ne pas être attachée d'une façon où d'une autre pour passer sur ce blog (et je vais faire semblant de mettre du temps pour faire l'article pour m'octroyer une petite pause - n'est-ce pas Ely) et poster une petite vidéo faite par Prem.

Suite à quelques demandes concernant la vision du Doc Poulet (on peut constater que les quelques extraits disponibles ne le sont plus, ils seront probablement remplacé par une longue workprint à laquelle il manquera bien sûr plusieurs scènes / musique), voilà un petit truc que Prem à monté en vitesse.




C'est donc un tout petit making-of de 10 minutes sur le maquillage des morts-vivants du film. Le montage a été goupillé en vitesse avant-hier afin d'être tranquille pour la Saint-Valentin. Il sera bientôt suivi d'un autre sur la confection du Dr Poulet lui-même puis je pense que la workprint sera délivré.

Ces vidéos seront disponible ici ou également sur le blog de Prem. Amusez vous bien !

Sur ce, bonne Saint-Valentin avec du retard, bon week end pour tout le monde et au secours Ely revient avec les menottes et les plumes T_______________T



Par Natasha - Publié dans : Dr. Poulet
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Samedi 24 janvier 2009


    J'ai écris ça l'an dernier donc avant qu'Ely et moi on sorte ensemble! ^^'  Je vais tâcher de prendre des illustrations sur le net puisque je m'y remets sans avoir pu demander d'illustrations à qui que ce soit ! ^^' J'en profite donc pour demander à tous les dessinateurs ou même ceux qui savent pas de me passer un mail si vous avec envie d'illustrer des passages pour la prochaine fois ! Ou un petit com aussi ! é_è'





   Ca me trotte dans la tête, mais il faut que je pose toutes mes pensées, donc, blog ou pas, il faut que je me débarrasse de tout ça. Depuis la St Valentin, je fais de drôles de rêves. En fait, il me font peur. M’aurait-elle changée ? Aurais-je été comme ça sans elle ? C’est très bizarre. Enfin on peut expliquer ça je suppose.


   Je suis une femme tout de même, et tout comme un homme, j’ai des besoins, et à 23 ans, n’ayant jamais rien fait avec qui que ce soit, j’ai quand même des envies. Je rêve que comme d’habitude, avec ses délires bizarres Ely me chatouille et m’attache sur le lit. C’est bizarre comme je n’avais pas réalisé avant à quel point je trouvais ça normal de la part d’Ely, mais que là subitement alors qu’elle m’a avoué qu’elle m’aimait, je vois les choses différemment.


   A la réflexion, je me rend compte qu’étrangement ça ne me fais pas de mal qu’elle m’aime, mais du bien. Je ne suis pas gênée avec elle, je ne sais juste plus où j’en suis. Mais le rêve, donc, je me laisse attacher comme d’hab, en essayant de me défendre, puis elle me chatouille avec des plumes de toutes tailles.


   Je la regarde et elle me souris sadiquement, elle me chatouille encore et m’embrase sur les côtes. Tout ça ne change pas de d’habitude dans le fond. Ce qui change cette fois, c’est que je fonds en larme. Elle me détache doucement et me prend dans ses bras. Pourtant, on l’a déjà fait des centaines de fois, et même quand on essayait de la lingerie, alors pourquoi cette fois dans mon rêve j’ai pleuré, je n’en sais rien.

 


 

   Ou alors c’était pour qu’elle se rapproche de moi. J’ai pleuré dans ses bras pendant qu’elle me caressait les cheveux. On était en pyjama, je crois. J’ai relevé la tête vers elle, et on s’est serré dans les bras pendant un long moment. Je me souviens de la conversation MSN avec mon Grand Frère. Je savais qu’il m’avait dit de ne plus chercher à arrêter ce genre de moment quand on se serre dans les bras.


   J’y pense depuis pas mal de temps, mais j’ai trop peur des conséquences. J’ai donc apprécié plus longtemps. Mais j’ai fini par relever la tête pour la regarder. Je tiens à repréciser que dans un rêve on ne fait pas ce que l’on veut réellement. Cependant, je ne sais pas pourquoi, mon cœur s’est emballé à la voir si proche de moi, et je l’ai embrassé.


   Désolée, mais je ne contrôlais plus rien. Je crois qu’heureusement que ce n’était qu’un rêve, parce que par la suite, j’ai fais une grosse connerie. Je la note dans Word, mais je la tairais sur le blog. Mais en gros, c’était comme si j’avais perdu mes inhibitions. J’ai été trop loin. Ce petit jeu nous a emmené trop loin.


   L’ennui avec la chimie du cerveau, c’est qu’il vous fait imaginer que vous avez aimé ce qui s’est passé, et que vous voudriez bien goûter à ce plaisir dans la vie réelle. Mais c’est Ely ! Je ne peux pas la toucher ! Je n’en ai pas le droit.


   Ca ne m’a pas empêché de faire ce rêve toutes les nuits depuis. C’est perturbant, mais pas désagréable. (Comment est-ce que j’ose dire ça ??) Ce n’est pas comme si c’était des cauchemars qui me torturaient, c’est juste que c’est une fille et que je suis aussi une fille. C’est probablement un fantasme que j’aurais oublié dans quelques mois ou même quelques semaines.


   N’en parlons plus.


   Je préfère parler de mon passé un peu, l’histoire de me changer les idées, et de pas faire des choses que je pourrais regretter si je les fais dans la vie réelle. Ely est ma meilleur amie, elle est un peu spéciale, et c’est tout.

  *   *   *

Je t'aime ma chérie....

 


Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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Dimanche 18 janvier 2009




    Voilà, j'ai eut des examens pour ma tête, après une légère dégradation ces derniers temps à cause de soucis divers, c'est redevenu stable. Je vais essayer de faire mon maximum pour pas laisser tomber ce blog, et de vous tenir au courant de ce qui m'arrive.

     Je dois continuer l'histoire d'Ambre. Et puis je ferais la suite de mon travail sur mon petit journal de mes pensées. J'espère que je ne vous ennuyrais pas trop avec ça... u_u" u_u" 

     Je ne reste pas inactive, comme vous pouvez le voir sur le blog Gypsy Witch, je compose avec Ely, Prem et Nath un perso qui me tient vraiment à coeur : Alice Cooper ! ^^'

   Ah oui et puis le Docteur Poulet ! On essaie avec Prem de le faire avancer et puis on repostera les séquences Bill, t'inquiète pas ! ^^'


   Bon bah après tout ce boulot je vais me reposer un peu ! ^^'




Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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Lundi 10 novembre 2008


J'écris mal quan je suis fatiguée alors ça vaêtre horrible à lire (je retoucherai sûrement ^^')

Aujourdh'ui c'était mon anniversaire. : Ely, Nath, Prem, mereci a vous pour ce superbe anniversaire.

Merci pou r ce resto, merci pour la fête foraine et surtout

MERCI POUR FREDDY, JASON ET LEATHERFACE !!!!!



Vouss pouvieez pas mieux faire !! Vous m'avez rendu trè s très heureuse ^^ Merci beaucoump ! le jour de mon anniversair.. je 'm'attendais pas à ça é__

Et l'annéeprochaine on le refais !!!! Xd




Plus sérieuseement merci de ma'avoir préparé ça, c'était génial, ça m'a fait beaucoup plaoisir. Merci pour tout.

J'écrirai plus demain jepense là je vais allez dormir ^"

...

Eliane, je t'aime..



EDIT :  en Bonus, une illustration de Nath :


(Freddy, moi, Prem, les 2 filles, Nathalie et Ely! ^^' )






Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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Jeudi 30 octobre 2008






    Salut, c'est Ely!

    Je squatte un peu chez Natasha pour vous annoncer que ma femme va pas trop bien. u_u' C'est pour ça qu'elle peut pas répondre aux mails, aux posts, et aux coms divers. Bon, c'est pas que ça dure depuis déjà quelques mois, mais c'est stable, ça se résorbe pas. Enfin pour ceux qui la connaissent depuis longtemps, ils savent qu'elle a eut des problèmes à sa tête. u_u'   u_u'

    J'espère et on espère tous dans la colloc que ça va s'arranger et qu'on aurat pas besoin d'aller à Paris pour une opération trop risquée. é___è'


    Je t'aime ma Natounette.... T__T


PS: Merci à Nath de nous avoir fait un petit dessin.



Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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Mercredi 13 août 2008


II

La Danse du Soleil



    Ça doit bien faire trois jours que j’erre dans ce désert, sans boire ni manger et à devoir supporter la fournaise douloureuse de cette Ombre. Je devrais m’estimer heureuse, la première fois j’ai dû subir les mêmes conditions durant tout une semaine tout en devant affronter une horde de vers géants plus grands que Big Ben ! J’étais vraiment dans un sale état. Je me revoie encore, blessée et exténuée, finissant dans les bras de ce pauvre Chronitio, les vêtements déchirés, avant de piquer la grenadine d’Under.
    Ce souvenir me fait rire, une chose qui est devenu très rare dans ma vie. Pourtant la situation est loin d’être amusante car je suis de moins en moins endurante et le soleil de plomb ne me laisse aucun répit. Déjà bien affaiblie par mon rythme de vie quotidien, j’ai très vite déchanté et je sens que je ne vais pas tenir bien longtemps. Agressée par la chaleur dès mon arrivée, j’ai très vite abandonné mon long manteau de cuir pour ensuite ôter les restes de mon débardeur complètement élimé à la suite de ce calvaire. Mon pantalon n’est pas en meilleur état et mes chaussures commencent à prendre le sable.
    L’absence de décor concret me fait perdre le sens de l’orientation et ça fait des heures que je marche dans la même direction, maudissant Deserty de m’avoir abandonné ici en me privant de mes pouvoirs. Remarque je devrais m’estimer heureuse, il (elle) aurait tout aussi bien pu me tuer sur place, et ma punition était en partie justifiée… Ombre aura voulu se venger des Sang Réels ne la traitant pas avec le respect qui lui est dû et je suis très bien placée pour le savoir. Je ne sais pas si Deserty avait en tête de me punir ou de m’épargner mais je ne risque pas d’oublier sa décision…

    Après une énième chute je fais une brève pause. Mon corps est écorché de partout, le soleil brûle durement ma peau découverte et mes lèvres sèches se craquèlent. Ça m’avait pas manqué tout ça. Je me relève péniblement et me force à avancer même si maintenant chaque pas est une véritable torture. Mon seul espoir est de retrouver ce vieux palais abandonné, celui que Kiara a abandonné après avoir retrouvé Under il y a longtemps, là je pourrai peut-être m’abriter et souffler un peu. Evidemment, ça sera loin d’être un abri de fortune puisqu’aux dernières nouvelles les multiples pièges y étaient toujours actifs et qu’un mystérieux individu y avait laissé des traces de son intérêt pour Kiara et moi, mais bon. C’est pas comme si j’avais vraiment le choix !
    Se raccrocher à un idéal c’est bien beau, mais en attendant je les vois toujours pas moi, ces foutues tourelles à l’horizon ! Et si j’avais pu tenir bien plus longtemps autrefois, aujourd’hui je suis incapable de supporter cette situation plus longtemps et il ne faut pas longtemps avant que je ne m’écroule à nouveau. A genoux, essoufflée et en sueur, je sens la canicule appuyer comme un poids sur mes épaules qui s’affaissent d’elles-mêmes. L’insolation va m’achever et je ferme les yeux, incapable d’affronter l’éclat lumineux du désert plus longtemps. Et puis subitement, alors que je ferme les paupières, j’aperçois comme une ombre du coin de l’œil, une sorte de tache sombre bizarre, coloré et en mouvement. Un mirage qui veut me narguer un peu avant que je ne m’évanouisse, sûrement, et je ne devrais pas y faire attention.
    … Mais d’un autre côté, si je passe à côté de mon unique chance de survie… Hin ! Marrant de voir comment même une auto-destructrice comme moi peut se s’accrocher autant à la vie quand on est au porte de la mort.
    Alors j’ouvre les yeux. Ça pique et j’en ai des larmes aux yeux mais ça me permet de vérifier que mon mirage est toujours là et qu’il s’est stabilisé. C’est une sorte de charrette, de caravane, avec des tentures écarlate pour protéger les passagers du soleil et tiré par une sorte de chameau poilu très moche. Ma vue est trouble mais je pense distinguer plusieurs formes humaines sauter du véhicule pour aller et venir. S’il s’agit d’une illusion, elle est vache parce que là elle y mêle carrément l’hallucination auditive avec le brame de la monture, les voix des voyageurs et plusieurs bruits que je ne suis pas en état d’identifier. Ok. Là c’est peut-être le moment pour moi de me redresser et, dans un dernier effort, d’aller m’écrouler à leurs pieds.

    Le courage me manque, je n’en peux déjà plus. Haletante, je n’arrive même pas à trouver mon souffle tant mes poumons me brûlent à cause de l’air brûlant. Et pourtant l’Ambrienne en moi me pousse à l’effort et dans un grognement je me retrouve debout. Merci Black. Tu vois que tu peux être utile des fois !
    Je traîne des pieds mais j’arrive à déplacer ma carcasse de quelques mètres encore et apparemment j’ai réussi à attirer l’attention sur moi. Les formes humaines, des types tout enrubannés de noir pour se protéger des rayons du soleil, se tournent dans ma direction. Je crois comprendre qu’ils sont entrain d’installer une sorte de campement ombragé et ça c’est pas pour me déplaire.
    C’est avec la tête sur le point d’exploser que je fini par faire face au petit groupe qui ne se précipite pas pour m’aider. En même temps je les comprends, ça doit être perturbant de faire son petit pèlerinage dans le désert et de tomber nez à nez avec une donzelle en soutif sortie de nulle part ! Pourvu que ça ne soit pas un groupe de religieux intégristes, ils risqueraient de me rudoyer pour attentat à la pudeur…
    Les silhouettes en voile noir se massent devant moi, des sons indistincts me parviennent. Peut-être leur voix ? Je n’arrive pas entendre correctement, tout se mélange dans ma tête. Je ne peux même pas voir leur visage à travers leurs foulards et leurs turbans. La tâche sombre qu’ils forment dans mon champ de vision ne cesse de s’agrandir. Oups, ça y est… C’est le moment où je perds connaissance. Je me sens à peine partir en arrière. C’est le moment le moins désagréable de la journée…

    Je reviens à moi progressivement, aidé par une agréable sensation de fraîcheur et d’humidité. J’ose à peine ouvrir les yeux mais lorsque je le fais, il n’y a pas d’explosion de lumière : juste une obscurité presque totale et apaisante qui me relaxe. Mes lèvres ont été imbibées d’eau et ça me donne soif, par contre mes coups de soleil me font savoir qu’ils sont toujours là. Détendue malgré tout, j’ose me redresser et constate que l’on m’a installé dans un petit coin douillet pour me reposer, à l’abris du désert dans la caravane. Je suis allongée sur un grand carré de tissu moelleux et une forme assise à mes côtés m’indiquent que mes hôtes ont veillés sur moi durant mon évanouissement.
    Une voix douce me parvient et me parle doucement mais il me faut attendre quelques minutes pour traduire sa langue, alors comme je ne dois sûrement pas obéir à ce qu’on me dit, l’inconnu me repousse doucement en arrière pour me rallonger. Je soupire et me laisse faire, n’ayant pas vraiment envie de résister. Je tâche de me concentrer pour décoder son langage lorsqu’il me relève doucement la tête, m’apportant un bol d’eau aux lèvres. Le liquide frais coule lentement dans ma gorge, pas assez à mon goût et je saisis le récipient pour avaler goulûment, assoiffée que je suis. Ça ne suffit pas à me désaltérer mais c’est déjà mieux que rien. Mon sauveur semble s’amuser de la situation, riant doucement.
– Doucement, vous allez vous noyer.
    Je tourne la tête vers lui, mais entre son foulard noir autour de la tête et l’absence de lumière je ne peux pas vraiment me faire une idée de son physique. A son ton juvénile je penche pour un adolescent. Comprenant sûrement que je cherche à l’identifier, il allume une petite bougie et défait les bandelettes qui lui couvre le visage. J’avais vu juste : c’est un jeune homme qui n’a même pas une vingtaine d’année, plutôt mignon en plus. Il me souris doucement.
– Vous savez quelle chance vous avez d’être tombé sur nous ?
– Merci. Sans votre aide j’étais… Cuite.
– Vous étiez au porte de la mort il y a quelques heures et maintenant vous faites de l’humour ? Les Anciens avaient raison, vous êtes vraiment…
– Bizarre ?
    Il hésite un instant, pensant peut-être m’avoir vexé, puis me tend un petit pot de crème.
– Tenez. C’est une onguent, pour vos brûlures. En tant normal nous soignons nos blessés dans l’immédiat mais euh…
    Il laisse mourir sa phrase tandis que son regard s’attarde un bref moment sur mon torse en partie dénudé. Je devrais me sentir mal à l’aise, mais à la vérité ça fait tellement longtemps qu’aucun homme ne m’a regardé comme ça que je me sens un peu flattée.
– Vous n’osiez pas toucher une femme, c’est ça ?
– Hum, euh oui…
    Il détourne le regard au moment où j’attrape le baume et je ne peux m’empêcher de réprimer un petit sourire.
    Je plisse les yeux pour m’examiner et, outre de multiples petites plaies et écorchures négligeables qui guériront sous peu de toute façon, je constate que ma peau est terriblement rougie et des plus sensible. Je m’enduis du baume, lequel calme immédiatement mes brûlures et me donne une impression de froid qui me fait frissonner.
    Revigoré, il me viens presque à l’idée de m’amuser un peu. Je sais pas pourquoi. Je dégrafe mon soutien gorge et tourne mon dos nu vers l’adolescent.
– Vous pourriez m’aider ?
    Je ne vois pas sa réaction mais ça m’empêche pas de sourire. Je l’entend chercher ses mots pendant un bon moment avant qu’il ne se décide à s’approcher un peu avec un grognement gêné. Hihi, je suis méchante. Mais il n’empêche que je ne peux pas faire ça toute seule et qu’il est tout ce que j’ai sous la main, alors bon !
    Aucun de nous n’ose parler à l’autre alors qu’il prend la pommade et j’imagine que son visage doit être aussi cramoisi que la peau de mon dos. Pourtant il ose enfin me toucher et quand ses doigts étalent la mixture sur mes brûlures je dois me contenir pour ne pas pousser un long gémissement ! Je baisse la tête et étouffe ma voix du mieux que je peux tandis que le jeune homme me masse avec douceur, apparemment effrayé par la simple idée de notre contact. Les démangeaisons que je ressentais jusqu’ici laissent place à une sensation divine de bien-être et de douceur. On vous a déjà gratouillé le dos ? Je vous jure que c’est absolument super.
    Bref, après un moment de détente trop court à mon goût il me faut revenir sur Terre. Je remets de l’ordre dans mon sous-vêtement tandis que l’Ombrien se réfugie dans l’obscurité à plusieurs mètres de moi, n’osant plus rien dire.
– Je vous remercie, fais-je avec un sourire sans cesse plus grandissant.
    Il grogne pour toute réponse tandis que je me rallonge, fixant la bougie vacillante que je visualise comme une forme de danse, avec toutes ces courbures et ces ondulations. Une très bonne inspiration. Je me surprend à parler.
– Où allez vous avec votre caravane ?
– Mais au Palais du nouveau seigneur !, s’exclame l’adolescent qui semble soudain sous l’emprise de la passion. Avec sa récente arrivée dans cette ancienne ville, c’est un nouvel ère de prospérité qui gagne le pays et tous les artistes et gens du spectacles sont invités pour célébrer cet événement ! Avec la réouverture des routes pour le commerce, c’est une véritable consécration pour nous tous !
    Je souris en l’écoutant, il déborde de vitalité que s’en est contagieux.
– Nous sommes musiciens, voyez vous ? Il y a peu de représentants pour l’Orient alors les Sages ont décidés que c’était le moment de propager un peu de notre Art. Nous sommes venus de loin pour ce festival, c’est une occasion rêvée !
    Et il parles, il parles et il parles, débordant d’admiration. Je le regarde longuement, perdant parfois un peu le fil de ses paroles, et pas une seule fois je ne l’interrompt. Ce gamin me fait rêver…

Toutes bonnes choses ayant une fin, un des Anciens fini par mettre fin à cette charmante scène en entrant sans prévenir. Autant dire que ça jette un froid et que mon sauveur se tait immédiatement tandis que je me fais dévisager un peu trop longtemps à mon goût. Je me relève comme par défi et plonge mes yeux dans les siens, si bleu. Il ne faut pas longtemps pour qu’il détourne son regard, gêné. Il échange quelques mots avec l’adolescent dans une langue qui me rappel l’arabe, d’une voix douce mais ferme. Je ne comprend rien et ce n’est qu’au visage déçu du jeune homme que je comprend que cela ne présage rien de bon. Lorsque le vieux enrubanné ressort, la conversation terminée, je m’attend au pire et attend nerveusement que mon camarade finisse de se mordre la lèvre pour m’annoncer la couleur. Celui-ci soupire, regarde ses pieds, prend une grande inspiration puis hausse la voix.
– Ils vous demandent de partir…
    Je soupire à mon tour. C’était trop beau.
– Bien sûr ils vous donneront de l’eau !, s’empresse t-il de rajouter comme pour me rassurer. Et des vêtements pour vous protéger. Et…
    Découragée, je me rassoie sans rien dire. L’idée de retraverser ce désert me déprime et je me sens un peu frustrée d’être rejeter comme ça alors que je n’ai rien fait de mal.
– Je suis sincèrement désolé, fait le jeune homme d’une petite voix. Mais nous sommes une troupe mandaté par le Vizir lui-même et nous n’avons pas le droit d’intégrer un étranger, cela nous est interdit…
    Je ne répond pas, ne le regarde pas. Ce n’est pas contre lui, seulement il faut que je me prépare psychologiquement à une longue errance et je me sens si las que je doute d’avoir la force nécessaire pour venir au bout d’une telle épreuve. Le gamin s’accroupi devant moi avec une mine de chien battu.
– Je comprend ce que vous devez ressentir mais je n’ai aucun pouvoir de décision, je ne suis qu’un apprenti.
– Je ne t’en veux pas si c’est ce qui t’inquiète, fais je d’un ton désabusé. Vous avez peur de moi et vous avez raison. C’est juste que…
    Je laisse mourir ma phrase, un peu amer. J’espérais quoi ? Qu’ils allaient faire le taxi aussi simplement ?
– L’idéal aurait été de vous intégrer à la troupe, reprend le petit disciple apparemment mal à l’aise de me voir comme ça. Ce qui est impossible bien sûr, même si vous savez jouer car notre groupe est déjà complet…
    Il grimace un sourire et cherche à changer le sujet.
– On pourrait toujours supposer que je me blesse et qu’il faudrait me remplacer ? Vous savez jouer du sitar ? Ou du vîna peut-être ?
    Il dit ça sans vraiment y penser mais sa proposition me touche. Je sais bien jouer de la guitare mais je risque de ne pas être dans les mêmes tons. Bah, autant abandonner l’idée…
– … Non, déplorais-je avant de me figer et d’écarquiller les yeux.
    Une pensée folle, comme ça. S’intégrer au groupe ?
–  Non… Mais je sais danser…

    Nous sortons tous deux de la caravane, interrompant la conversation des six Anciens. Bien qu’il fasse nuit et que l’air se soit rafraîchit, ils n’ont pas quitté leur tenue cérémonielle et se ressemblent tous pour moi. Braquant chacun leur yeux d’un bleu extrême sur moi, ils n’ont heureusement aucun commentaire à faire sur ma tenue débraillée et ne semble pas non plus véritablement contrarié par mon intrusion. Juste intrigué. Un bon point pour moi tandis que je m’avance vers eux et leur présente mes respects en saluant avec une petite courbette.
– Hommes du désert, je vous doit la vie. Je vous présente tout mon respect et mes remerciements pour vos soins et souhaiterai vous témoigner toute ma gratitude en faisant honneur à votre Art si sacré.
    Ils ne bronchent pas mais j’ai réveillé leur intérêt. C’est l’heure du grand saut.
– Je vous demande humblement la permission d’intégrer votre troupe et vous faire l’honneur de danser pour votre musique.
    Ça commence à jaser et à s’indigner un peu mais dans le fond je ne les sens pas si à l’encontre de cette idée, ce qui me fait penser que les danseuses font parti de leur culture et qu’un groupe classique doit en compter au moins une d’ordinaire. J’ai un bref regard vers mon compagnon qui s’avance d’un pas et nous achevons d’exécuter notre petit stratagème. Pourvu que je ne ris pas !
– Le corps d’une femme n’est-il pas aussi Sacré que notre Art même ? L’alliance de ces deux honorables trésors en un seul spectacle. Pensez-y mes maîtres. Voilà peut-être la clé d’une réussite absolue. Et quel dévotion cela ferait…
    Les Anciens se concertent, prenant tout cela très au sérieux, et mon allié mon regarde comme s’il venait de commettre un outrage irréparable envers sa religion. Entre ça et son petit discours, j’ai du mal à me contenir et je ne peux m’empêcher de lui tirer la langue, juste pour le narguer.
    Nous n’avons pas à attendre trop longtemps, l’idée semble faire sensation : les hommes se lèvent comme sous la direction d’un chef, toujours agenouillé dans le sable. Celui-ci est plus vieux que les autres, avec une très longue barbe blanche et une peau aussi brune que le caramel. Il me regarde et rit tout seul, comme si on lui avait raconté une bonne blague.
– Vous êtes très courageuse, ma jeune fille ! Nous sommes réputé pour jouer la musique des Dieux, jamais une danseuse n’a pu suivre notre mélodie sans faute et pourtant nous en avons eu de très doué. Je ne doutes pas de vos talents mais vous surestimé peut-être un peu trop vos capacités.
    Je lui répond avec un sourire.
– Mais peut-être suis-je une déesse moi-même et que votre musique ne sera pour moi qu’une simple formalité ?
    C’est la première fois que j’y vais au culot comme ça, mais entendre un musicien dire qu’une danseuse n’est pas assez bien pour lui, ça a tendance à me taper sur les nerfs et me donner des envies de provocation. Le jeune disciple, lui, est comme fou et s’agrippe à mon épaule en balbutiant des paroles paniquées.
– Mais vous ne pouvez pas lui parler comme ça ! C’est le Grand Intendant ! Vous ne vous rendez pas compte du…
– C’est bon ça ira, fais-je d’un ton  faussement ennuyé. Question royauté je m’y connais, crois moi.
    Le vieil homme éclate de rire, coupant cours à notre dispute. L’apprenti semble plutôt perturbé, moi je commence à bien l’aimer. Même s’il semble trop sûr de son talent, je ne le penses pas malveillant à mon égard. Ni envers personne d’ailleurs.
– Préparez-vous donc à jouer plutôt que d’importuner cette jeune femme durant son moment de gloire, apprenti Bénarès.
    D’un air dépité, l’adolescent s’en va aider les autres à installer une scène improvisé dans le sable. Ils tracent un très large cercle dans lequel je pourrais danser, mettent en place quelques brasero dont les feux vont servir d’éclairage. Petit à petit, chacun se trouve une place et prépare son instrument. Le Grand Intendant sort une longue flûte argenté de sa manche puis me fais signe de me mettre en place d’un geste de la main. Il souris, amusé et non moqueur. Je lui renvoi ce sourire, ôte mes chaussures et entreprend de retirer mon pantalon déchiqueté lorsqu’une voix offusqué retentit.
– Mais enfin qu’est-ce que vous faites ?!!
    Bénarès est debout, droit comme un « I » et les yeux exorbités. Tous les visages convergent vers lui et je me dis que son inexpérience est grande. Je le trouve même tout mignon a être aussi innocent comme ça et je ne peux m’empêcher de jouer un peu avec lui en jouant les ingénues.
– Ben je me met en tenue, je peux pas danser avec ça, ça va me gêner dans mes mouvements…
    Je déboutonne le vêtement et commence à le faire glisser le long de mes cuisses, l’observant. Il rougit et baisse les yeux avant de se mettre pratiquement à hurler.
– Mais enfin c’est indécent !
    Les rires fusent autour de nous et le pauvre ne sait vraiment plus où se mettre. Quant à moi, et bien… Disons que je peux vraiment pas m’en empêcher.
– Ah ? Moi je trouve ça agréable… Et puis oh ! C’est pas toi qui danse sous cette chaleur hein !
– Vous n’êtes pas obligée de vous dénuder pour autant !
    Le pauvre Intendant intervient, réduit à jouer le modérateur.
– Les enfants ! S’il vous plaît. On peut commencer ?
    Bénarès se rassoit immédiatement en réalisant que ses collègues ne cachent pas leur hilarité. Honteux, il rapporte toute son attention à son instrument à corde pincé et entreprend de l’accorder sans faire de commentaires. Je ne peux m’empêcher de lui jeter mon pantalon au visage, juste pour l’embêter une toute dernière fois, puis je prend place au centre exacte du cercle et ferme les yeux, détendue et concentrée malgré mon envie de rire aux protestations à voix basses du jeune apprenti.
    Le Grand Intendant, chef d’orchestre de la troupe, se prépare à lancer la musique en regardant un à un ses hommes pour vérifier s’ils sont prêt. Comme moi, tout le monde est parfaitement concentré sur la tâche qu’il doit effectuer et ferme légèrement les yeux pour faire le vide. La brise même du désert s’arrête pour laisser place à la musique. Mon cœur bat à la chamade, je n’ai pas danser depuis longtemps et mon corps n’est peut-être plus aussi séduisant qu’avant à cause des batailles et des blessures. Je réduit ma respiration, me préparant mentalement. A tout moment maintenant… Et enfin, un son…
– Les costumes  traditionnels ne sont pas bien différent, tu sais Bénarès !
    L’Intendant n’a pas pu s’empêcher de rajouter son grain de sel, prenant tout le monde au dépourvu. Le jeune disciple hurle.
– Est-ce qu’on pourrait se concentrer !
    J’éclate de rire, totalement décontenancé, tandis que les autres Anciens semblent tout de même ébahi de voir leur supérieur participer à un tel débat. Et celui-ci de renchérir.
– Mais c’est vrai pourtant : la danseuse, elle dévoile son corps, elle est libre, légère, comme un esprit…
    Bénarès se prend la tête dans les mains et ils faut à tout le monde un petit moment pour se reprendre. Le vieil homme me jette alors un regard plus sérieux, comme pour savoir si je suis prête à être l’égale de leur dieux. Je reprend ma posture d’alors et me laisse aller. Dans mon esprit, une image me parvient, juste avant que la musique ne débute. C’est celle d’une petite bougie qui vacille …

    Les premières notes sonnent, hypnotisante et je comprend mieux pourquoi cette musique est si sacrée pour eux. Par  vagues, elle monte sensiblement pour prendre de plus en plus d’intensité sans pourtant exploser en une partition épique. Il s’agit d’une mélodie complexe, non pas rythmé mais au contraire tout en afflux de sons variés et ayant chacun sa propre identité. On ne peut construire une chorégraphie précise en improvisant, et encore moins en ne connaissant pas sa musique. Celle-ci me semble chaotique et déstructuré aux premiers abords, comme si il n’y avait ni séquences mémorisables ni phrases construite permettant de lier l’ensemble. Et pourtant j’ai tort. Oh comme j’ai tort. Il s’agit d’une harmonie si subtile…
    Très vite, je comprend qu’il faut que j’oublie tous mouvements humains, toutes tentatives de visualiser ma danse. Il faut que je m’incorpore à la musique en tant qu’élément et que je sois celle qui serve de lien entre toutes les sonorités. L’image de la petite flammèche qui se tortille sur sa mèche s’était imposée à moi dès la première note. C’est pile le déclic qu’il me fallait.
    Avec la même lenteur de progression que la mélodie générale, je vacille, j’ondule tel un serpent. Mon corps fonctionne d’abord comme un ensemble qui s’élève vers le ciel, mes bras se soulèves et mes genoux fléchissent, mes hanches tournoient sur elle-même en un mouvement circulaire, un « 8 » couché. Symbol de l’infini. Parfait pour cette musique. Je me sens légère comme une plume et je ferme les yeux pour me laisser m’envoler avec cet air oriental. Ca fonctionne plus que jamais et à l’image de la flamme, j’évolue en volute et arabesque, comme la fine colonne de fumée issue de la chandelle. Je me courbe en avant, j’arc mon corps tout en arrière, mes cheveux fouettent l’air en sifflant et je commence à mettre mes muscles à l’épreuve.
    Les musiciens, comme des tortionnaires sadiques, ne m’attendent pas pour développer la rythmique et passer à un stade supérieur. Chaque instrument se détache des autres tout en suivant le même cheminement sonore et je visualise le scintillement d’une multitude de grains de sable sous l’éclat du soleil. Une vision du désert, celle qui m’a hanté pendant trois jours. Il ne m’en faut pas plus pour saisir l’essence exact de ce morceau. C’est une ode au soleil, un hommage à l’astre sans cesse présent dans ces pays d’Orient, symbole de tout un mysticisme. Je sais alors que ma danse pourra convenir.

    Les minutes passent sans que je n’en prenne conscience, comme droguée. Désormais c’est presque une véritable lutte contre mon corps et la gravité qui s’organise. Acrobatique, je tourne sur moi-même, je tangue, je fais flotter chaque partie de mon corps. Mes bras lévitent, mon buste et mon ventre virevoltent en un incessant va-et-vient verticale comme horizontal, en vrai tension érotique, et mes jambes me soutiennent tout en possédant leur propres mouvements, leur pas de danse et leur glissements. Je me sens bien, je me sens libre et par-dessus tout, je me sens très féminine.
    La fin du mouvement est le plus difficile, alternant être plusieurs mélodies, certaines rapides, d’autres lentes et allant en décroissant pour indiquer un épilogue musical. Il me faut varier les ralentit et les accélérés, les envolées et les ondulations lentes. Je tire sur mes muscles qui chauffent, m’assurant de futur courbature, la plante de mes pieds brûlent par les frottements au sol et je sens naître des gouttes de sueur sur ma peau, coulant le long de mes bras et sur mon ventre en chatouillement perturbant. Et pourtant je tiens bon, j’achève quelques rotations et exécute le mouvement final, à l’écoute de la musique : je prend une pose lascive, séduisante, et j’ouvre les yeux.

    Les Anciens reposent doucement leur instruments. Tous ont les yeux rivés sur moi, sans expression particulière, mais marquent un silence respectueux pour mon travail. Mon cœur bat à la chamade sous l’effort et le stress, mais je me sens bien. Très bien même. L’Intendant fini par me sourire et je ne peux pas m’empêcher de le faire aussi. Je crois qu’on est tombé d’accord. Les autres musiciens n’ont rien à redire, je peux voir dans leur yeux l’excitation du spectacle encore présente et j’en vibre de plaisir.
– Et bien je crois que nous avons finalement trouvé notre danseuse, fait le vieil homme à l’adresse de tous. Qu’en penses-tu Bénarès ?
    Tous les visages se tournent vers lui et l’adolescent n’arrive pas à sortir un mot. Rouge comme une tomate, tout crispé sur son instrument, il est encore sous le charme (si je puis dire) et je commence à réaliser qu’il n’a pas dû perdre une miette du spectacle. Au fond de mon cœur j’ai une sensation bizarre, comme de la reconnaissance ou une certaine satisfaction. Et alors que les autres se moquent gentiment de sa réaction, je ne détache pas mon regard de ce jeune homme. Lui-même n’a de cesse de m’observer. Eh oh… Terrain glissant…

    Je suis donc engagée dans la troupe et obtient alors la permission de résider dans la caravane le temps du trajet. La soirée se déroule paisiblement et je fais connaissance de chacun, apprenant leur langage dans la foulée. Il n’y a que Bénarès que j’évite soigneusement, prenant conscience que ma tenue doit le perturber, et d’ailleurs celui-ci me le rend bien en demeurant muet durant tout le repas.
    La nuit venue j’ai carrément droit à la caravane pour moi toute seule. Ça fait longtemps que je n’ai pas eu droit à autant d’attention, ça fait tout drôle. La fatigue accumulée ces derniers temps m’offre un sommeil paisible, mes rêves se contentant d’être angoissant mais sans plus, et je me réveille avec la sensation d’être bien reposée. Manque plus qu’une douche et j’aurais la sensation d’être au paradis !
    Lorsque j’ouvre les yeux, il fait jour depuis des heures et je suis seule dans la roulotte. Enfin presque seule puisque Bénarès se tient là, regardant le désert depuis l’ouverture arrière de la caravane. Intriguée, je rampe sans un bruit jusqu’à lui pour le surprendre et lorsque je chuchote un petit « bonjour » à son oreille, il me répond par un hurlement. Je souris et me trouve une position confortable tandis qu’il détourne encore une fois les yeux, n’osant plus me regarder. Il faut mon plus beau sourire et quelques instants encore pour qu’il se détente et finisse par sourire à son tour.
– Je pensais vraiment pas que vous réussirez…

    La conversation se fait très facilement par la suite. Enfin quand je dis « conversation », je dois avouer que c’est plutôt un monologue. Bénarès me raconte comment il a pu intégrer la troupe royale de son pays alors qu’il n’est qu’un apprenti et son amour pour la musique transparaît à chacun de ses mots. Je l’écoute sans rien dire, sourire aux lèvres. Sa voix m’apaise et me détend, je me sens bien auprès de lui et je ne veux rien faire qui pourrait l’interrompre.
    La raison de notre tranquillité est dû à un convoi ambulant de marchands croisé un peu plus tôt dans la journée. Eux-aussi cherchant à se rendre au Palais, le reste de la route s’est faite tout naturellement ensemble et les Anciens ont déjà investi les roulottes avoisinantes. Une ambiance des plus plaisantes à laquelle Bénarès et moi décidons de participer en allant rendre visites à nos compagnons. Là nous découvrons des personnes exaltés à l’idée de participer à une fête épique et chacun fait part de ses réflexions sur le nouveau Seigneur. Intriguée je tente d’avoir quelques renseignements mais je n’obtiens absolument rien de concret si ce n’est qu’il est bel homme (ben tiens), généreux, amoureux de l’Art et qu’il prône la paix et la liberté pour tous. Perplexe, je les laissent à leur divagation, me gardant bien de leur dire qu’une telle utopie doit forcément avoir un vice caché.
    Mon histoire me faisant prendre en pitié, une vieille femme me donne la permission de me choisir des vêtements dans sa réserve, ce qui est une véritable aubaine étant donné que je n’ai plus rien à me mettre et que je suis toujours privée de pouvoir. Je me demande ce que Deserty avait en tête…
    Seule dans une roulotte encombrée de commodes débordantes de tissus précieux et colorés, je me sens comme une petite fille dans un grand magasin de jouets : je farfouille dans tous les sens, je récupère des éléments à droite – à gauche et j’entreprend de me confectionner une robe que je voudrai correspondre parfaitement à ma chorégraphie de l’autre soir. Une tâche que me tiens occupée une bonne partie du trajet durant laquelle je calcule, je découpe et je couds. Les tons sont chaud, rappel du soleil brûlant qui règne en roi au-dessus de nous, et les couleurs sont celles du sable que je rehausse d’or par de multiples piécettes tintantes comme autant de grains scintillant sous la lumière aveuglante de l’astre. Le vêtement est élégant, fin, léger et parfaitement conçu pour les amples mouvements. D’un confort absolu, il me donne presque l’impression de ne rien porter et quand je me regarde dans un miroir j’ai la sensation d’avoir su capturer cette part de mystère de la musique des Anciens, d’être tout aussi envoûtante qu’elle… Je souris légèrement, presque intimidé par l’allure que cela me donne.

La Danse du Soleil

    Oui. C’est un nom qui convient très bien, je crois. D’ailleurs quand je rejoins mes hôtes, ceux-ci ne tarissent pas d’éloges sur mes capacités de couturière et adoptent immédiatement ma conception de leur symphonie, ce qui me mets assez mal à l’aise puisque j’ai complètement improvisé tout ça, de la danse au costume, sans aucune connaissance de leur culture ni de leurs coutumes, et que je ne suis pas aussi douée que ce que l’on veut bien dire. Quoiqu’il en soit les compliments sont de rigueur et je n’ose pas faire la rabat-joie. Et puis je n’ai plus l’habitude de paroles valorisantes comme ça, alors je dois dire que ça me fait un peu de bien.
    L’ambiance est festive et heureuse lorsque sont aperçues les tourelles du Palais, à l’horizon. C’est alors une véritable euphorie qui gagne chacun des voyageurs et nous avançons bien plus rapidement comme si notre vie en dépendait. Des cris de joie montent, des chants traditionnels sont entamés et des applaudissements couvrent les bramements de nos montures. Perplexe, je fixe le château sans vraiment partager leur enthousiasme. J’en ai plutôt de mauvais souvenirs et je me rappel d’une volée de flèches dans les cotes, de centaines de morts gisant sur a-même le sol et d’un avertissement… Celui d’une personne qui en avait apparemment après moi…
    Le pire reste à venir lorsque nous franchissons les portes de la citée et que notre petite troupe passe devant le château, où nous croisons une gigantesques statue d’une personne que je ne connais que trop bien. C’est en partie à cause d’elle que je me retrouve ici sans aucun pouvoirs d’ailleurs. Kiara Hellgast des Cours du Chaos, ma nièce par alliance. Quelqu’un que je m’étais promis de ne plus jamais revoir. Je la sait égoïste et colérique, mais pas imbu de sa personne à ce point. Bénarès n’avait-il pas parlé d’un nouveau dirigeant ?
    Je retourne sans arrêt des idées dans ma tête, faisant le lien entre les Chaosiens, Kiara, ce château et ma présence ici même. Peut-être que Deserty tenait à me montrer quelque chose ? Et peut-être que je devrais tâcher d’en savoir un peu plus ?

    Mais pour l’heure, j’aide au campement et à la mise en place de la scène. Les Anciens me promettent un bain d’eau glacé après le spectacle en cadeau d’adieu et je ne veux pas vraiment les faire attendre. Plus vite j’aurai réglée ma dette, plus vite je pourrai retourner à mon monde de sorcellerie et de complot. Alors je ferme un instant mon esprit à toutes ces images, ces doutes, et me focalise sur une seule chose : la danse.
    Derrière le rideau de velours, j’attend mon entrée en fermant les yeux. Kiara disparaît au profit d’un soleil puissant dans le ciel. Le palais devient une flamme unique et ondoyante, et le scintillement du désert me remplit la tête. Mon cœur bat un peu, ce foutu vieux trac que je n’avais pas eu depuis une éternité, et mes oreilles guettent la musique. Et bizarrement je me sens bien. Loin des peurs, loin des rancœurs, loin du danger…
    Le signal et donnée et je rentrer sur scène alors que la musique commence. En un instant, j’oublie tout ce qui pouvait me retenir et je danse… Libre.


Par Natasha - Publié dans : Nouvelle - Rêves de Sable
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Lundi 11 août 2008

Après 15 jours!!!! ^^"

On a le net!!! ...mais pour conbien de temps cette fois-ci? >__<

Quand on est parties en Sicille avec Ely, le net nous a lâché! Enfin la Darty Box, quoi!!! >_______________________< On a dû laisser Prem et Nath sans le net et regler tout ça. Ils ont pas pu avant d'eux-même partir en Bretagne! Et c'est seulment tout à l'heure qu'on a reçu l'autorisation de la changer! Cooool!! On peut enfin poster, recevoir des mails, aller sur les blogs, les lires (parce qu'une amie nous a prêté son téléphone portable avec net illimité, mais pas moyen de vous prévenir ni de poster ici, le système le permettait pas!!! è_é Et puis allez lire un blog imagé sur un écran de 3 X 4 cm!!!! @____@

On a donc pas pu faire ce qu'on voulait! Mais ça va changer!

On est tous émoustillés! ^^"
Par Natasha - Publié dans : Nat reprend le flambeau (Pensées)
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  • : Natasha
  • chroniquesdombre
  • : Femme
  • : 09/11/1984
  • : Tours
  • : Musique Cinéma Ecriture
  • : Jeune et belle danseuse du ventre, chanteuse et guitariste à ses heures, Natasha est une jeune femme douce et altruiste mais plutôt timide, très sensible et également fragile. Ecrivant depuis son plus jeune âge, elle fait preuve d'une imagination débordante et excelle pour les histoires sombres, dépressives et tragiques. Sa source d'inspiration créative se trouve généralement dans la musique qui est quelque chose de très important pour elle. En passant par la musique, le théâtre, la […]

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